Les niches financières trop grasses

La Nouvelle Loi de Finances 2017 doit être drastique.L’argent existe,il faut juste le récupérer auprès des contribuables inciviques.

Publié le 19 sep 2016 - 21:05 | Auteur: Arezki Boutrahi... | Actualités

Certains commentateurs du dimanche mais néanmoins confrères avérés distillent- sans s’en rendre compte ?- des informations qui ont pour seul effet d’inquiéter, en laissant profiler « de fortes turbulences sur le front social » ; quand ils « évoquent » la future Loi des finances 2017.

C’est comme s’ils s’étaient donné le mot pour, dans un commun accord, faire le forcing sur un gouvernement qui, de toute manière n’a d’autre choix que de rechercher à réduire au maximum le déficit budgétaire actuel d’environ 40 milliards de dollars.

Ces voix qui s’élèvent à l’unisson à travers nos media-censés-défendre l’intérêt supérieur de la Nation et donc des masses populaires- sont donc révélatrices d’un front qui, personnellement m’inquiète beaucoup plus que les mesures qui seront inscrites dans la Loi des finances 2017.

L’amnésie du pouvoir

D’autres voix « s’indignent » de la politique menée depuis quelques années et prédisent des cataclysmes sociaux et économiques et donc politiques qui font froid dans le dos. Pourtant certaines d’entre ces voix, qui se rappellent à notre bon souvenir, oublient qu’elles occupaient par le passé des postes politiques élevés.

Pourquoi, alors au moment où ces personnalités étaient au pouvoir et pouvaient décider n’ont-elles rien fait ? Ont-elles rendu des comptes ? Pourquoi donner le « La » maintenant ? Ce n’est pas très responsable et encore moins crédible. Mais soit : à la guerre comme à la guerre, on sait tous que l’éthique n’est pas un don de Dieu.

J’aurai aimé pour ma part, dans cette période difficile que nous traversons et après les décennies noires qui ont ravagé notre pays, que nos media, intellectuels, responsables de parti et toutes nos forces patriotiques, laissent de côté leur intérêt personnel, pour tenter de trouver ensemble des solutions judicieuses.

Il est plus facile d’appeler au loup que de le capturer. Mais le problème c’est qu’à force d’appeler au loup, personne n’y fait plus attention jusqu’au moment où le loup apparaît réellement. D’où la dangerosité de tels « appels ».

Au lieu de jouer aux oiseaux de mauvais augures, pourquoi ne pas proposer des solutions ? Pourquoi ne pas se demander par exemple comment des milliers d’Algériens aux revenus modestes, parfois sans revenu tout court, ont, en quelques décennies, parfois moins, engrangé des milliards de dinars et parfois autant de devises.

Pourquoi ne pas appeler à des enquêtes sur la corruption et sur la provenance de ces milliards que l’Etat est en droit, sinon de récupérer du moins de taxer fortement ?

Justice fiscale égale justice sociale

Je me souviens de ces inspecteurs du fisc et des renseignements généraux qui « écumaient »les bars et les salons d’hôtels et autres lieux mythiques pour « suivre » des clients fidèles, notamment les fonctionnaires, afin d’évaluer leurs « dépenses » et avoir une idée de leurs avoirs et se rendre compte s’ils vivaient ou non au-dessus de leurs moyens…

Pourquoi ne pas s’interroger sur les biens mobiliers et immobiliers que des millions d’Algériens détiennent en leur nom propre ou au nom de ceux des membres de leur famille, voire de prête-noms ? C’est assez coutumier et chacun d’entre nous connait au moins un cas dans son entourage…

Je n’appelle pas à la « délation » même si en Europe, nombreux sont les gouvernements démocratiques qui y font de plus en plus appel afin de « récupérer » des taxes et impôts non payés et prévenir les fuites de capitaux.

Tout le monde a eu vent de ces fuites et de ces milliards en devises transférés dans des paradis fiscaux. Le Gouvernement aurait dû déjà lancer les procédures officielles pour rapatrier ces sommes colossales et acter en justices les fraudeurs.

Le président Abdelaziz Bouteflika vient de nommer, ce jeudi 15 septembre, les membres de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption. N’est-ce pas le signe qu’en haut lieu on veuille passer à une vitesse supérieure ?

Pourquoi ne pas faire appel-oui je sais il faut rêver quelque fois-au civisme des Algériens et surtout à celui des catégories sociales les plus aisées pour faire preuve de justice et de charité en déclarant leurs biens mais surtout leurs revenus pour payer les taxes qu’ils doivent à l’Etat ?

Combien de commerçants paient leurs impôts réellement, par rapport à leur véritable chiffre d’affaire et à leur bénéfice ? Facile àsavoir dès lors que les registres de commerce auraient été recensés. Mais c’est loin d’être le cas.

On parle de marché informel mais il semble que 99% de nos activités commerciales sont « informelles » dans la mesure où le fisc ne récupère que très peu sur l’ensemble du volume récupérable et ce, pour de nombreuses raisons dont la corruption de fonctionnaires.

Un parent m’a dit une fois, alors que je m’indignais de tous ces états et de cette situation : « mon pauvre ami tu te fais du mauvais sang pour rien ; saches qu’en Algérie tout le monde se plaint mais chacun y trouve son compte ! »

Remettre les comptes à l’aune des forunes

Et il est vrai qu’en observant autour de moi certaines situations, le niveau de vie de la majorité de mes concitoyens est appréciable ; quand je le compare avec celuid’Europe-, et alors qu’il semble que personne ne paraît être occupé au travail ; je me dis qu’en Algérie, effectivement, on est bien lotis.

Je me trompe sans doute mais d’une manière générale, chacun trouve en effet son compte dans cette atmosphère où seuls quelques oiseaux de mauvais augure en mal d’élections mais surtout dépités par la perte de leur pouvoir de décision appellent, sournoisement, à la dissidence.

En agitant le spectre d’une agitation sociale qui bousculera tout notre système et mettra à bas notre cohésion dans l’intérêt de ceux qui, disons le crûment- espèrent que l’Algérie se mettra à genoux ! Eh bien non, l’Algérie ne se mettra jamais à genoux car elle a réussi à se sortir de deux décennies noires desquelles rares sont les peuples qui auraient pu y survivre.

Oui nous avons des problèmes de trésorerie. Comme tous les pays du monde. Oui nous devons redresser notre budget. Comme tous les pays. Et comme tous les pays, le gouvernement devra opérer aux réformes qui conviennent.

La Loi de finances 2017 ne devra pas rater cette occasion de remettre les pendules à l’heure. Les couches défavorisées ne seront pas sacrifiées. Par contre ceux qui s’amusent à aller acheter leur pain et leurs cigarettes au coin de la rue en prenant leur voiture, ceux-là devraient payer leur carburant et leurs cigarettes plus chers.

Ceux qui louent ou sous louent des biens -bien ou mal acquis- devront s’acquitter de taxes proportionnelles aux bénéfices non déclarés qu’ils engrangent et à l’inflation qu’ils créent. Les importateurs qui déclarent un montant minimum pour des bénéfices maximum devront être pénalisés et imposés à hauteur de leur fraude…

Les parlementaires, députés, sénateurs ou tout autre élu qui ne fait pas acte de présence et encore moins son devoir devra être sanctionné financièrement parlant et peut-être plus que tout autre citoyen.

En fait, il y a mille et une manière « légales » pour l’Etat de récupérer l’argent qui est « détourné » frauduleusement par des millions d’Algériens « inciviques » qui profitent de certaines lacunes administratives pour s’enrichir impunément.

Qui ne connait pas un « commerçant » qui exerce sans registre de commerce et qui ne paie jamais aucune taxe ? Surtout maintenant que les snacks, les boulangeries, pâtisseries et autres vitrines de vêtements importés dans des cabas, occupent les garages et les salons des maisons, au vu et su de tout le monde ?

Il est injuste de seulement s’en prendre aux vendeurs de pastèques et de légumes qui essaient de gagner leur pain en sillonnant nos routes et quartiers. Il vaut mieux les laisser travailler. Ce sont des gagne petits alors qu’à côté, les « beuggarines » et autres grossistes ayant souvent pignon sur rue narguent nos fonctionnaires.

Mais le plus inquiétant dans tout ça c’est surtout cette bourse d’Alger qui occupe toute la Rue de la Liberté de la place Port Saïd au Palais de Justice et qui ostensiblement fait la nique au Pouvoir. Oui il y a énormément d’argent à récupérer pour le Trésor Public.

A conditions que notre Gouvernement en ait le désir et la volonté politique.

La Loi des Finances 2017 ne doit pas inquiéter les masses défavorisées ou les petites bourses. Par contre ceux qui ont et amassent encore des fortunes illégalement, ceux-là devraient s’inquiéter. Ils le sont d’ailleurs depuis des années car ce sont eux qui ont « dévalué » le dinar et ont fait grimper l’Euro à son niveau actuel.

Parc qu’ils ne croient pas en l’Algérie et parce qu’ils veulent s’offrir, aux frais de l’Algérie, un nouvel Eldorado ailleurs en Occident ou dans des paradis fiscaux. A tous ceux-là le Gouvernement ne devrait pas faire de cadeaux.

Et s’ils appellent par la voix de leurs valets à la dissidence  et agitent comme des orfraies le spectre de l’agitation sociale, en prenant pour motif la future Loi des Finances 2017, qu’ils sachent que le peuple n’est pas dupe de leurs desseins et de leurs calculs. Fakou !

Arezki Boutrahi

 

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