Concussion, prévarication

Tunisie .Tragédie du gouvernement : ravage de la corruption dans une administration rebelle

Publié le 17 déc 2016 - 18:17 | Auteur: La rédaction | Actualités

La lutte contre la corruption en Tunisie butte contre une administration récalcitrante, un faible engagement des politiques et un manque de crédibilité de la justice.

Nous allons finir par pouffer de rire aux initiatives gouvernementales qui traduisent à chaque fois une physique amusante qu’on devrait ranger dans le registre des jongleries politiques.

Après l’illusion de la conférence «Tunisie 2020», destinée à décréter les conditions favorables aux investissements étrangers et à stimuler de généreuses promesses, voici venu le temps de l’engagement contre la corruption, baïonnette au canon, sans trêve ni trucage, prôné avec insistance et solennité.

Un engagement du gouvernement avec lui-même

Ce combat est d’autant plus pressent qu’il va de pair avec la bonne gouvernance démocratique. Un «mot fétiche», aux significations floues, et l’exemple de l’affaiblissement graduel que subissent dans l’usage les significations de certains néologismes. Gouvernance est cependant devenue un paradigme incontournable des politiques de développement permettant de générer la confiance nécessaire à la croissance économique que les gouvernements d’Etats, dits fragiles, entendent incarner.

La lutte contre la corruption constitue en effet un axe central de la bonne gouvernance car négligée, elle risque de réduire l’efficacité de toute aide financière étrangère et de toute politique de croissance. Voulant d’ailleurs concilier dans une juste mesure la bonne gouvernance avec la lutte contre la corruption, le chef du gouvernement a accablé, sous une charge excessive, son ministre de la Fonction publique dont la mission consisterait entre autre choses à neutraliser le germe du mal et à féconder celui du bien au risque d’une ruine subite de toutes ses forces.

La dernière initiative gouvernementale ne manque pas d’humour. A défaut d’agir sans états d’âme et avec une profonde acuité contre un mal, aujourd’hui, reconnu par tous et qui sape les fondements de l’Etat et la société, les bâtisseurs de ruines du Premier ministère avaient imaginé une formule contenant la promesse d’appliquer scrupuleusement les lois et les droits de la nation et qui aurait l’insigne avantage de régler le problème en quelques mots. Il s’agit, plus spécifiquement, d’une «charte relative à la bonne gouvernance et à la corruption» qui n’est en fait qu’un engagement du gouvernement avec lui-même. Une prise de décision formalisée que Youssef Chahed s’octroie pour croire et faire croire qu’il prend sérieusement en main les actions concrètes de certains choix et options stratégiques contre une calamité qui suscite chaque jour un peu plus d’inquiétude.

Ainsi, nous lutterons désormais contre les désordres sociaux à travers d’évangéliques paraboles de bonne conduite. Dans le cas présent c’est «Aidez-vous les uns les autres et la corruption finira par disparaître».

Sur ce registre, gouvernements et experts n’arrêtent pas de tourner en rond. Or, les outils existent déjà, mais sont dévoyés et les lois non appliquées. La charte de M. Chahed apparaît donc pour ce qu’elle est : une suite de principes et de bonnes intentions absolument sans effet.

A ce rythme, il nous proposera bientôt une charte de bonne conduite pour les fonctionnaires intègres, une autre pour les commerçants honnêtes, une troisième pour les médecins, pharmaciens, magistrats et avocats scrupuleux ou pour les délinquants repentis.

Cela étant, on avait cru que la démocratisation allait contribuer sinon à enrayer du moins à contenir la corruption. Or, avant même d’aborder la corruption économique stricto sensu, il n’est pas inutile d’en mentionner la version politique et ses scandaleux abus.

La corruption des principes au bal des hypocrites

C’est tout d’abord la corruption des principes. Là où le politique est supposé agir «au service de la patrie et non pas du parti», comme osait le répéter à satiété celui qui avait eu naguère la triste audace de prétendre conserver l’unité nationale et celle de son parti. C’est ensuite les moyens occultes dont disposent certains mouvements et organisations politiques, et pas les moindres, qui ont établi des liens douteux, nationaux et internationaux, afin de constituer des bases électorales, entretenir une clientèle partisane, rétribuer des militants sans oublier les actes opérés en vue d’un enrichissement personnel. Alors les cris d’orfraie que poussent aujourd’hui ministres et représentants du peuple dès qu’ils sont montrés du doigt correspondent de plus en plus au bal des hypocrites.

Mais soyons, une fois n’est pas coutume, moins pamphlétaires. Supposons Youssef Chahed un homme qui sait et dont la main ne tremblera pas, un homme de vue et d’action; supposons-le lucide autant qu’intelligent, et voyons comment il sera contraint d’user de sa puissance pour l’instauration d’une pédagogie citoyenne alors que le vers est depuis longtemps dans le fruit.

Dans un premier temps, grâce surtout au «Monsieur corruption» fraîchement appelé à ses côtés, il commencera par mener des recherches studieuses et approfondies sur les causes et les conséquences de ce phénomène et finira par reconnaître qu’il est intimement lié aux défaillances de l’État par l’absence de volonté et sous l’effet de l’abandon des règles, valeurs et normes morales de ses représentants. Dans un deuxième temps, s’il est toujours en fonction, il envisagera des réformes politiques et économiques fondamentales et déploiera d’importants efforts pour endiguer le mal.

La stratégie anticorruption ainsi préconisée est-elle réaliste, c’est-à-dire adaptée au contexte politique et socio-économique du pays? Les résultats seront-ils conformes aux prévisions? Or, ni la nature du régime politique, une démocratie dite en transition, ni le mode de gestion des ressources économiques du pays, ni la capacité des institutions pour préparer, formuler et appliquer une politique économique, ne sont garants d’un nouvel ordre sociétal.

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